Thierry Paladino

Portrait Par Félix E. Kudelka

Nice-Varsovie-Nice – Rendez vous est pris aux « Compagnons de la Grappe », rue Ségurane entre le Vieux-Nice et la place Garibaldi. Thierry Paladino est né et a grandi à Nice, du côté de Magnan entre un père calabrais et une mère normande. Le Bac en poche, l’étudiant part pour la Faculté d’Arts plastiques d’Aix en Provence. A cette période, il ne pense pas vraiment au cinéma. Mais un beau jour l’opportunité d’aller étudier la réalisation à la Andrzej Wajda Master School of film directing de Varsovie se présente. Nous sommes en 2004, l’école vient d’ouvrir. Après avoir passé un concours, Thierry Paladino obtient une bourse et débarque dans un pays auquel il ne connaît rien. Finalement, il y passera deux ans… et restera en Pologne les quatre années suivantes. « Ces quelques années se sont écoulées, et j’ai commencé à ressentir une sorte de nostalgie de la bonne humeur, de la convivialité de nos villages. Cette chaleur humaine me manquait, il était temps que je rentre au pays. Il aura fallu que je parte longtemps pour que je m’en rende compte, mais si j’étais resté ici je n’aurais sans doute pas fait ce film ».

Un film profondément nissart et universel – « Sergio est l’un des derniers maîtres marionnettistes en France. Il vit dans la vieille ville. Un petit monde dans lequel se sont regroupés personnages farfelus, poètes, artistes en tous genres, militants de la culture niçoise, vieilles familles traditionnelles. Et voilà qu’il rencontre Adrien, un petit garçon de 9 ans et demi attiré par ce monde magique. Il pourrait être l’ultime élève de Sergio, le dernier à pouvoir devenir un jour lui aussi à son tour, maître marionnettiste. Tous deux partiront en tournée l’été prochain, visitant les villages de l’arrière pays niçois. La machina est l’histoire de cette tournée ». Thierry Paladino a lui même été initié à l’art de la marionnette lorsqu’il avait sept ans. « En tant que réalisateur j’ai envie de raconter des histoires. Pour ce film je voulais parler de ma région, de ses personnages, d’un univers que je connais ; retranscrire sa chaleur, sa légèreté et son pantaï ». Pari tenu pour le jeune réalisateur qui réussit le tour de force de faire un film à la fois profondément nissart et universel. « Ce film parle des fondamentaux et si j’avais voulu ne faire qu’un film nissart, j’aurais manqué mon coup ».

Prix du public et mention spéciale du Jury – Fruit d’une coproduction franco-polonaise – Centrala, les Films du Balibari – financé entre autre par le CNC, la région Paca, le Conseil général des Alpes-Maritimes, le ConseilGénéral de la Loire Atlantique, France 3 et la première chaine publique polonaise TVP1, La machina a reçu un accueil enthousiaste en Pologne. Le film a été récompensé par une mention du jury et le prix du public au festival du film documentaire organisé par la chaine Planète, Planète Doc Review. Car cette histoire de transmission est l’occasion de nous transporter dans un monde intemporel et contemporain, baigné de poésie. Sergio est le détenteur de la tradition de la marionnette, de la culture niçoise, d’une façon de penser, d’un art de vivre. Il sait quelle importance ont ses spectacles pour les gens, qu’ils sont un prétexte pour les rencontrer, discuter avec eux, qu’ils éveillent en eux d’autres perspectives. Ces spectacles de marionnettes sont une soupape, un garde-fou, un moyen de se défouler psychologiquement. Ils offrent un espace de liberté, un moment de réflexion, un peu de magie et d’espoir. De Saorge à Clans en passant par Libre, La Brigue, Fanghetto, Thiéry, Peyresq, Utelle… Sergio et Adrien nous font partager leur bonne humeur, leurs sarcasmes, offrant le temps d’un spectacle, un peu de joie, de rire, de rêve ou de peur.

Serge Dotti, le premier rôle – « Après avoir réuni le financement, je me suis attaqué au casting. J’ai vu 47 marionnettistes mais aucun ne correspondait véritablement à ce que j’attendais. On m’a parlé de Serge Dotti dit Sergio, je l’ai vu en dernier… Tout, son visage, ses cheveux, sa barbe, sa voix. C’était lui ! Il a un talent inné d’acteur ! ».  La machina est un voyage physique et initiatique à la fois pour l’enfant et le spectateur. Bienvenue au pays du pantaï ! « Humainement, ça a été une expérience très intense. J’aime la sincérité. Le monde qu’on nous propose ne me convient pas. Il est trop rapide et indifférent. Mais plutôt que de le dénoncer je veux montrer qu’il existe une alternative ».


La Machina DVD

17 euro + frais de port

102 minutes

– Bonus, scènes coupées, sous titres English, Polska, Espanol, français pour mal-entendants –

 


Teaser LA MACHINA

Thierry Paladino on Vimeo.